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Not About Condemnation

Not About Condemnation

«Je ne conteste à personne le droit de vivre. Je dis que nous devons observer les conséquences de nos vies. Si ce dont nous parlons est le féminisme, le personnel est politique, et chaque élément de nos vies peut être examiné. Nous avons grandi dans une société anormale, malade, et nous devrions être en train de nous prendre en main, et de redéfinir les conditions de cette société. Cela est complexe. Je ne parle pas de condamnation, mais du fait de reconnaitre ce qui se passe et de se demander ce que cela signifie. Je ne suis pas prête à régenter la vie de quiconque, mais si nous devons examiner nos relations humaines, nous devons être prêtes à examiner tous les aspects de ces relations. Le sujet de la révolution, c’est nous, c’est notre vie.»

« I’m not questioning anyone’s right to live. I’m saying we must observe the implications of our lives. If what we are talking about is feminism, then the personal is political and we can subject everything in our lives to scrutiny. We have been nurtured in a sick, abnormal society, and we should be about the process of reclaiming ourselves as well as the terms of that society. This is complex.  I speak not about condemnation but about recognizing what is happening and questioning what it means. I’m not willing to regiment anyone’s life, but if we are to scrutinize our human relationships, we must be willing to scrutinize all aspects of those relationships. The subject of revolution is ourselves, is our lives. »

Sadomasochism: Not About Condemnation. An Interview with Audre Lorde, by Susan Leigh Star. Published in A Burst of Light: Essays by Audre Lorde, 1988, Firebrand Books

Lire le texte en entier (anglais)

Pourquoi je pense que ceci est important ?

Je constate sur les réseaux sociaux que beaucoup de femmes se revendiquant féministes refusent d’analyser les structures patriarcales de notre société : le mariage, la prostitution, la pornographie et de manière plus générale, les comportements genrés. Ici, Audre Lorde parle du sado-masochisme, mais je pense que ses propos  peuvent s’appliquer à n’importe quel élément de notre vie, comme elle le dit si bien.

Les féministes n’ont pas pour vocation d’empêcher des femmes  d’être femme au foyer, de se marier, de se prostituer, de s’épiler, de jouir en étant dominée, etc. Les féministes ne condamnent pas non plus ces femmes. Mieux encore : non seulement nous, les féministes, nous ne condamnons pas ces femmes, mais nous sommes ces femmes. Nous sommes toutes plus ou moins aliénées. Le féminisme ne nous sert pas à nous culpabiliser mais à analyser et critiquer les structures (dixit Diké 😉 ).

Les féministes souhaitent analyser d’un point de vue politique le mariage, la prostitution, les rôles genrés, etc. Or j’ai l’impression que souvent la simple critique est perçu comme une volonté d’interdiction… Au final, au vu des réactions de certaines personnes, j’ai l’impression que ce qui est parfois presque interdit, c’est la critique du quotidien, au prétexte que ce serait méprisant pour certaines femmes…

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